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Apprendre à faire du patinage artistique

Quand l'hiver arrive, un large choix de sports s'offre à vous. Le plus pratique est le patinage, ce sport de grâce et de dextérité. Mais rien de tout cela n'est possible sans les lois de la physique. Sarah Abitbol, dix fois championne d'Europe de patinage artistique, nous dévoile les techniques de ce sport d'hiver. Réaliser des pirouettes à grande vitesse, comment est-ce possible ? Quelle science se cache derrière les portées acrobatiques ou les rotations dans l'espace ? Les réponses dans cet extrait de l'émission E=M6 avec Mac Lesggy !

  1. Etape 1 : La pirouette

La pirouette Cette figure acrobatique de patinage artistique consiste à tourner sur soi-même au moins 10 fois sans jamais perdre d'élan. Tourner aussi longtemps peut donner le tournis. Mais la physique a une explication sur la possibilité d'une telle prouesse. En effet, un objet livré à lui-même conserve son élan. Pour un mouvement de rotation, on parle de moment angulaire. Pour freiner ou simplement ralentir cette rotation, il faudrait des forces de frottement. Sans ces forces, l'objet, en l'occurrence le corps du patineur, peut continuer à tourner autour de lui-même en conservant son élan. C'est d'ailleurs pour cette raison que la Terre tourne depuis des milliards d'années. Sur la glace, le principe physique reste le même. Le patin glisse et subit très peu de frottements. C'est ce qui permet au patineur de faire la pirouette aussi longtemps que possible. Cette figure serait impossible sur un sol non glissant.

Les techniques d'accélération et de décélération de la pirouette Il est possible d'accélérer le mouvement de rotation sur la glace. En effet, il faut resserrer les bras et les jambes. Et inversement, pour décélérer, il suffit de déployer les bras et d'écarter légèrement les jambes. Selon les lois de la physique, l'élan est la combinaison de la vitesse de rotation et de l'étalement de l'objet par rapport à son axe de rotation. C'est le principe des vases communicants. Moins l'objet s'étend dans l'espace, plus sa vitesse augmente. Et inversement, plus l'objet s'étend, moins la vitesse est grande. En clair, la forme du patineur et sa vitesse de rotation se compensent l'un à l'autre.

Le double boucle piqué La réalisation parfaite de ce saut acrobatique en patinage artistique nécessite un élan préalable. L'impulsion est donnée par le pied se trouvant à l'arrière. Ainsi, plus le patineur saute haut, plus il tourne. Selon les lois de la physique, il est important de prendre de la vitesse avant de sauter. En effet, lorsqu'un objet se déplace en ligne droite sans force de frottement, il conserve son élan. En effectuant le piqué, vous allez immobiliser le pied de réception du saut. En clair, plus l'élan est grand, plus la rotation sera rapide.

La portée du dauphin Cette figure de haute voltige en patinage se réalise à deux. L'un des partenaires porte l'autre à bout de bras et commence à tourner très vite. Au bout d'un moment, le partenaire porté arrive à tenir en équilibre tandis que celui qui porte le soutient avec une seule main. Cette prouesse est possible grâce aux lois de la physique. Plus un objet tourne sur lui-même, plus il sera difficile de le faire basculer. C'est ce que l'on appelle l'effet gyroscopique. Le phénomène est celui de la toupie. Si celle-ci tourne lentement, elle tombe tout de suite. Par contre, si elle tourne vite, elle reste bien droite.

L'astuce pour éviter le tournis Le patineur parvient réaliser des portées acrobatiques et virevoltantes sans avoir le tournis grâce à la résistance incroyable du corps humain. En démarrant de patinage artistique, personne n'est habitué à une vitesse de 240 tours/minute. Il est tout à fait normal qu'un patineur débutant ait la tête qui tourne. Mais, à force de pratique et d'entrainement, le tournis disparait. Au départ, pour redresser le sens de l'équilibre quand vous avez le vertige, il suffit de tourner dans le sens inverse. Notre sens de l'équilibre est en fait dû à l'activité de l'oreille interne, un capteur qui se situe derrière chaque oreille. Ce capteur est appelé « système vestibulaire ». Il est composé de trois anneaux qui détectent les mouvements de la tête. À l'intérieur se trouvent des cellules recouvertes de petits cils. Se baignant dans un liquide appelé endolymphe, ces cils transmettent des informations au cerveau. Lorsque la tête ne bouge pas, ces cils restent immobiles. Par contre, lorsque le canal se met en mouvement, l'endolymphe est entraînée et fait bouger les cils. Le tournis est dû au retard que mettent les capteurs pour envoyer au cerveau des signaux de changement de mouvement. Tandis que la vision indique que le monde est stable, l'oreille interne est encore en train de dire qu'il est en train de tourner. Pour garder l'équilibre et ne pas sentir le tournis, il n'existe aucune autre solution à part l'habitude.